Il y a 20 ans, 1998….

Il y a 20 ans

Je passais mon bac, je fêtais mes 18 ans dans la salle des fêtes de Raveau (58) et, après quelques portières fracturées, une nuit blanche et une journée de rangement, la France battait l’Italie aux tirs au but en 1/4, au bout du suspense…
Tandis que mon père était au Stade de France (le veinard) et ma mère sur le balcon (car elle portait malheur aux Bleus quand elle était dans le salon).

Il y a 20 ans

Je réussissais mon bac, je fêtais dignement cela et par une douce soirée d’été, quelque part en terrasse, en bas de l’avenue Général De Gaulle à Nevers, devant un grand écran, Thuram nous envoyait en finale et nous, plus lycéens, pas encore étudiants et pas toujours majeurs, nous avons fêté cela jusqu’au bout de la nuit.

Il y a 20 ans

Eté de vacances, de copains, de camping, de concours (de sciences-po), d’escapades… Un été bordelais pour quelques jours à la mi-juillet où, sur les bords de la Garonne, à deux pas du Croiseur Colbert (dont les invités VIP profitaient d’une retransmission avec quelques secondes d’avance sur le grand écran à ses pieds), j’ai vécu l’euphorie.

Celle du 1 et 2 et 3 – zéro.
Celle d’un I will survive qui est depuis resté pour moi – et pour beaucoup de Français – une chanson de 1998 et non de 1978.
Celle d’un soir de juillet où mon père exultait dans la rue et tapait aux vitres des voitures en criant « On est les champions ». Je n’étais pas là pour le voir et on me l’a raconté… Pour ceux qui connaissent papa, sa mesure, sa pudeur, vous mesurez le poids de l’événement.
Celle d’une soirée, d’un été, d’un mois à jamais graver et qui, ce soir, encore devant un documentaire me font monter les larmes aux yeux et emplir le cœur d’une allégresse rayonnante.

Il y a 20 ans

Je m’apprêtais à quitter Nevers pour de lyonnaises aventures (ce que j’attendais depuis des années) dont je ne savais pas qu’elles allaient durer 20 ans.
Je m’apprêtais à m’éloigner un peu de mes ami.e.s de toujours.
Je m’apprêtais à vivre la vie étudiante dont je rêvais depuis le début du lycée.
Je m’apprêtais à commencer tout doucement à grandir.

20 ans plus tard

Ma vie est toujours aussi belle et le souvenir vivace.
Aucune nostalgie, juste un souvenir fédérateur, une madeleine de Proust estivale.
J’ai un peu grandi, mais pas trop.
Et ma vie, avec cette nouvelle aventure professionnelle, me donne le même sentiment qu’en 1998.
Celui d’être à l’aube, d’être au cœur d’un grand cap de vie.
Celui d’être portée par un élan individuel et collectif.
Celui d’un été, d’une année où tous les projets sont possibles et toutes les promesses permises…

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