Quand pédagogie & distanciel font bon ménage…

En cette période de distanciation sociale, confinée ou déconfinée, MELT a expérimenté les cours et formations en distanciel. Visioconférence, webinaires et autres technologies ont permis de maintenir le lien et de poursuivre l’enseignement. Encore faut-il adapter sa pédagogie, ses supports et son propos pour ne pas perdre étudiants et stagiaires en chemin…

Petit tour d’horizon des bonnes pratiques en la matière.

Un préalable indispensable à tout module en distanciel : Revoir son séquençage

Notre capacité de concentration et d’attention étant minorée en l’absence d’interaction physique, il est primordiale de revoir l’organisation de son module de formation continue ou initiale.

Encore plus qu’en présentiel, ce dernier doit alterner visio-conférence (de 20 à 50 minutes maximum), exercices individuels, mise en commun et surtout interactions. Il s’agit, en effet, de créer de la présence à distance, tout en évitant le décrochage. Pour qu’une formation distancielle soit efficace, elle doit être collaborative et de nature à générer le plus d’échanges possibles entre les participants. Le formateur change de posture et devient, comme dans toute pédagogie active, facilitateur.

La formation en distanciel nécessite donc de :

  • préparer un scénario précis et minuté,
  • annoncer le programme en amont de la visio-conférence pour que les participants en prennent connaissance,
  • identifier le niveau des élèves / stagiaires,
  • réduire le nombre de ses slides (10 à 15),
  • diversifier les activités proposées et les techniques d’animation pédagogique,
  • prévoir des temps de respiration.

Alterner les méthodes pédagogiques

Bien pensé et structuré, le distanciel peut permettre d’apporter une réelle plus-value par rapport au présentiel. Certains éléves / stagiaires se sentent ainsi plus à l’aide pour intervenir à distance, via le tchat ou le micro, qu’au sein d’une salle de cours. Le format permet également, grâce au digital, d’utiliser des outils et méthodes pédagogiques spécifiques. Petit tour d’horizon non exhaustif des activités qu’il est possible de proposer :

  • Tour de table
  • Exposé / Synthèse / Restitution
  • Quizz / Vote ou Classement grâce à des outils de type Beekast
  • QCM
  • Travaux de groupe ou de co-construction
  • Diffusion de (courtes) vidéos
  • Feedback sur des éléments / informations transmises en amont du cours

Distanciel – Solliciter votre audience

Créer de la présence et de la participation à distance, tel est l’enjeu de la formation en distanciel. Déjà qu’il est complexe de mobiliser l’attention d’un public en présentiel – je me doute bien que mes élèves de master ne m’écoutent pas tous d’une oreille attentive durant mes modules en classe, capter l’attention de ce dernier à distance nécessite de l’énergie et une méthodologie bien huilée. Cette dernière passe nécessairement par une sollicitation importante et continue des participants.

A chaque étape de la session, il faut les cadrer et les solliciter :

  • lors du lancement : en rappelant le déroulé, les règles d’échange et la dimension collaborative du module. Le tour de table, si le nombre de participants n’est pas trop élevé, peut permettre d’impulser cette interaction. La « météo du jour » également pour une classe que vous avez l’habitude d’avoir : il s’agit de questionner chacun sur sa propre météo / humeur du moment.
  • dans l’animation : en questionnant régulièrement les apprenants, en suivant et lisant à voix haute les questions du tchat avant d’y répondre.
  • en conclusion : en sollicitant les participants afin qu’il fasse la synthèse de la session et qu’ils posent les questions qu’ils ont à l’esprit et en annonçant les prochaines étapes et attendus.

Ne pas hésitez à organiser des travaux de groupe

Lorsque le confinement a pointé le bout de son nez, j’avais plusieurs modules en cours au sein de Sup de Pub et de l’Isefac. Ces modules s’intégraient sur des études de cas de groupe dont la présentation orale devait servir d’évaluation principale. La question du maintien de ces travaux de groupe et de leur évaluation à distance s’est posée… Peu temps, en fin de compte, car travailler en groupe, à distance, est aujourd’hui assez simple avec les outils de visio-conférence à disposition.

En effet, que l’on officie sur Teams, Jitsi ou Skype Entreprise (j’ai testé les 3 outils durant cette période), il est facilement possible de créer des salles virtuelles différentes où les groupes pourront se connecter et travailler.

Séquencer le travail de groupe

  1. Brief commun dans la session de classe initiale et annonce des modalités de travail en groupe, puis de restitution (orale ou écrite)
  2. Chaque groupe (composé par vos soins en amont) rejoint ensuite sa propre salle virtuelle.
  3. Le formateur passe de « salle en salle » pour écouter, accompagner et challenger les élèves.
  4. Il peut aussi prévoir un temps, en fin de travail de groupe en général, où il est disponible pour toute question dans la session de classe commune.
  5. Temps de restitution : soit groupe par groupe à l’oral, soit de synthèse avec participation de l’ensemble des groupes en mode interactif, soit de validation de la remise d’une restitution écrite.

Cette période exceptionnelle a permis, tant aux formateurs qu’aux élèves / stagiaires, de développer de nouvelles compétences d’enseignement et d’apprentissage. Compétences que nous devrons sûrement continuer de mettre à profit à la rentrée prochaine, une partie des enseignements étant d’ores et déjà prévue en distanciel !

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